UTI Group : un exercice intéressant de retraitements financiers


UTI est une SSII plutôt spécialisée sur le segment banque/assurance. Il ne réalise pas de prestations au forfait et se concentre sur de l’assistance technique ou fonctionnelle. Les prestations sont réalisées dans le cadre de contrats de régie (rémunérations en fonction du temps passé sur une tâche avec une obligation de moyens). Les informaticiens sont placés pour des durées courtes.

Un client représente 20% du CA. Le 1er semestre 2016 a connu une belle progression du CA et logiquement de l’EBITDA. Le CA du 3ème trimestre recule de 5,1% mais en regardant de plus près qu’UTI Est a connu une belle croissance (on verra par la suite pourquoi ce point est intéressant).

Détail intéressant, le PDG a racheté des actions en 2016 (à des prix allant de 0,51 à 0,55 euros) et l’autocontrôle (6,3% du capital) a été racheté par la holding du dirigeant au cours du 1er semestre 2016 (toujours au prix de 0,55 euros). Ainsi, le nombre d’actons a augmenté (il n’y a pas eu de dilution mais les actions en autocontrôle que étaient auparavant retirées du nombre total d’action ne le sont plus car c’est un actionnaire existant (la holding du PDG) qui les acquises. Leur pourcentage de détention passe à 61,2%. En contrepartie, le cash a été augmenté de 301 KEUR et augmente la position de trésorerie.

Deux spécificités sont à noter dans l’étude de cette entreprise :

  • un recours élevé à l’affacturage (5,4 MEUR au 1 S 2016 et en augmentation par rapport au S1 2015=4,9 MEUR) : l’affacturage est un mode de financement (on cède les créances à un factor et en contrepartie on récupère le cash plus rapidement) et doit être considéré comme de la dette financière et réintégré : l’impact est une augmentation de la valeur d’entreprise.
  • l’existence d’un compte courant d’associé. Le PDG et le directeur général délégué (décédé) ont apporté 1,2 MEUR à UTI. En fait, il faut comprendre que les dirigeants ont fait un prêt à l’entreprise. Ainsi, la dette financière augmente d’autant.

La véritable pépite de l’entreprise est UTI EST. Cette entité a dégagé un ROC de 0,5 MEUR pour un CA de 2,2 MEUR soit un ROC quasi identique à UTI Group (24,2 MEUR de CA pour un ROC de 0,5 MEUR) qui est pourtant 11 fois plus grand en termes de CA. UTI Rhône Alpes est déficitaire, une explication peut être le nombre important de cadres par rapports aux autres entités. Ainsi les charges de personnel mettent à mal la rentabilité. Autre conséquence, la forte dépendance à UTI Est peut-être source de risque même si le secteur bancaire requiert de nombreux développements informatiques.

2015 a marqué une baisse de la rentabilité opérationnelle (3,2% contre 5,9%). UTI Group a cherché à capter la croissance et donc mis à mal sa rentabilité (recours à de la sous-traitance). On suivra en 2016 si la rentabilité se normalise.

En termes de saisonnalité, le S2 concentre une plus grand part des marges. On notera une convention entre Law Informatique (holding des actionnaires majoritaires) et UTI pour un montant de 0,5 MEUR (soit plus de la moitié du ROC de 2015).

Pour la VE on retient un prix de 0,8 euros par action, 8,67 millions d’actions, une dette à court terme de 0,3 MEUR, une dette à long terme de 0,8 MEUR, une trésorerie de 0,9 MEUR mais on n’oubliera pas de rajouter 5,4 MEUR d’affacturage et 1,2 MEUR de comptes courants d’associés.

Valorisation

La VE s’élève à 13,7 MEUR. Pour l’EBIT, on estime celui-ci en année pleine à 1,2 MEUR en 2016 (davantage de marge est reconnue au S2), on rajoutera une D&A de 0,1 MEUR pour obtenir un EBITDA de 1,3 MEUR. Le ratio VE corrigée/EBITDA 2016 estimé s’élève à 10,5. Nous préférons passer notre chemin car nous pensons qu’une entreprise de cette taille ne peut justifier de multiples de valorisation élevées.

Fox Castle Holdings ne détient pas d’actions UTI Group. Cet article n’est pas une recommandation à l’achat et n’est pas une recommandation à la vente.

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