Aures technologies : un constructeur de terminaux de points de vente ultra capex light


Aures technologies conçoit, fait fabriquer et vends des terminaux de paiements (les caisses) présents dans les magasins. Ces caisses insistent sur le design pour se fondre dans la thématique de magasin. L’entreprise fait du hardware (la machine) mais pas le logiciel. Son défi est d’être présent dans le plus grand nombre de points de ventes. Ses clients sont des magasins et des enseignes.

Aures a recours à un réseau de distributeurs (on le déduit à travers l’item « redevances ») ou par des partenaires revendeurs.

Aures est ultra capex light car l’entreprise ne possède pas d’usines. Ils font fabriquer par des fournisseurs. Leur défi majeur est de s’assurer que les fournisseurs soient bons et que les produits soient de bonne qualité.

Le produit est du hardware pur : ergonomie, fonctionnalité, esthétique… Il ne peut pas y avoir d’erreur sur le design ou un loupé. Cela est étroitement lié à la capacité du fondateur et à son équipe d’anticiper l’évolution du marché. L’aspect fonctionnel et le design sont présents. Du fait de l’absence de software (qui doit être géré par une autre entreprise) Aures offre le contenant mais pas le contenu.

Les produits constatés d’avance (représentant les extensions de garantie) représente une faible part du CA (à notre avis du fait de l’absence de maintenance software).

Les salariés ne sont pas présents au capital. La rémunération du dirigeant apparaît élevée par rapport à l’EBIT 2015 (représente 7,5% de l’EBIT) tout en étant déjà le premier actionnaire de l’entreprise avec 38,8% du capital.

Passage d’un cap en 2013

En 2013, l’entreprise a passé un cap avec l’acquisition de J2 retail systems. Cette dernière réalisait un CA de 27,2 MEUR contre 32,4 MEUR pour Aures en 2012. Le prix d’achat a été bon (5,4 fois le résultat net). Ce bon retour sur investissement pourrait trouver son explication par le niveau d’endettement de la cible.

2014 a clairement marqué un cap avec un levier opérationnel de 5. Depuis l’acquisition de J2 retail systems, Aures peut participer à davantage d’appels d’offres du fait de sa taille plus élevée.

Des points intéressants

2015 a été marqué par la contribution d’un fournisseur à l’élaboration d’un produit (0,7 MEUR). Il s’agit d’un évènement exceptionnel qui ne peut être considéré comme récurrent. Je préfère le neutraliser dans l’EBIT. Si Aures pouvait faire financer le développement de ses produits de manière récurrente par ses fournisseurs alors nous serions clairement en présence d’un moat.

L’ancien directeur commercial (parti en 2012) est un actionnaire minoritaire qui cède progressivement ses parts.

La France est la zone géographique la plus rentable (22% de marge d’EBIT), la zone USA/Australie voit sa rentabilité s’améliorer alors que la zone Europe est plutôt stable (impact devises).

Valorisation

Les dotations aux amortissements sont favorisées par l’amortissement (sur 10 ans) des relations clients suite à l’acquisition de J2 retail systems. En 2023, la D&A relative à cet item s’arrêtera. Ainsi, l’amortissement des relations clients représente 63% des D&A de 2015.

La VE/EBITDA se situe à 7,8 ce qui apparaît correct pour une activité pour laquelle je n’arrive pas à trouver un moat (peut-être une erreur de ma part). Par ailleurs, 2016 est une année de transition avec un chiffre d’affaires stable dû à un recul important aux USA. L’entreprise l’impute à l’année électorale.

Perspectives

Aures bénéficie de bonnes parts de marché en France et en GB, la priorité est donnée vers la conquête de clients grands comptes (comprendre que potentiellement il peut y avoir un parc d’installation nettement plus élevé).

2016 se termine sur une progression de 3% à taux de change constant ce qui marque un ralentissement par rapport aux années précédentes. Le pari est désormais de voir si Aures pourra renouer avec la croissance en 2017.

L’auteur ne détient pas d’actions Aures Technologies.

3 thoughts on “Aures technologies : un constructeur de terminaux de points de vente ultra capex light

  1. Bonjour Jérémie,
    belle analyse que je partage, je suis cette société depuis l’année dernière sans être passé à l’achat car je la trouve correctement valorisée, pas de MOS évidente, lui assigner un multiple plus élevé reposerait sur des hypothèses de croissance ce que je me refuse à faire. Pas non plus de moat à mon sens.
    Au niveau du downside j’ai également noté le risque qui porte sur la sortie des nouveaux modèles qui ne doivent pas être ratés.
    Au niveau de la récurrence du CA je me pose également la question de la durée de vie des produits, avez-vous un avis sur le sujet ?
    Benjamin

  2. Merci Benjamin!
    Clairement on a une dépendance forte vis à vis de la capacité à ne pas « se louper » sur un modèle et de bien anticiper les évolutions du marché.
    A mon aivs (mais j’ai peut-être tort!), si il y avait aussi une offre software on aurait un moat (mais c’est vrai que c’est un métier complètement différent).
    Pour la durée de vie des produits, j’avoue ne pas avoir beaucoup d’informations. Pour le lecteur de cartes, il est indiqué une durée de 5 ans. Cela peut-être une indication.
    Cheers!
    Jeremy

  3. Bonjour benjamin,

    Je dirai qu’une caisse peut se garder longtemps.
    Mais le changement doit etre lié à la techno derriere (je veux dire le logiciel derriere et le systeme d’exploitation qui ne sont plus suporté comme par exemple un windows 2000) puis à l’usure des caisses.

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